Il y a frelon et frelon !

Il ne faut pas confondre Vespa Crabro, notre frelon, bien européen dans ses racines, et l’autre, Vespa Velutina, envahisseur venu d’Asie. Surtout que ce dernier a tendance à mettre nos abeilles à son menu. Chez les apiculteurs, c’est le branlebas de combat. Car Velutina avance vite et atteint désormais le Bassin Parisien, et Fourqueux en particulier.

                                 

Le frelon asiatique* est moins gros que le frelon d'Europe. Il est noir et porte une large bande jaune orangé sur l'abdomen. Ses pattes sont jaunes.

Vespa Crabro, le frelon européen, est lui en forte diminution. D’ailleurs nombre de nos voisins le protègent. En Allemagne, les amendes pour destruction de Crabro atteignent même 50.000 Euros. Accessoirement, et malgré sa réputation de super guêpe très agressive, il est en réalité franchement débonnaire avec quasiment pas d’incident sérieux par piqure. Il suffit de ne pas l’importuner près de son nid, ou d’éviter de l’avaler en mangeant un fruit.

Au surplus Crabro ne répugne pas à attaquer, et manger, Velutina. C’est même son seul ennemi « naturel » chez nous (avec les poules).

On aurait bien aimé une situation claire, gentil ou méchant. Mais Velutina ne s'attaque pas qu'aux abeilles : il fait proie de la plupart des insectes qu’il peut attraper. Y compris d’autres envahisseurs, tels la pyrale du buis, dont c’est un des rares prédateurs. Cette facette de son interaction avec la biodiversité est peu visible mais non négligeable.  

Comme souvent, la réalité est fluctuante : dans les terres d’origine de Velutina, les abeilles locales savent s’en défendre. Et les abeilles européennes, importées là-bas depuis quelques décennies commencent aussi à comprendre. Il y a donc lieu d’espérer qu’à terme, chez nous aussi, l’impact de Velutina finisse par se stabiliser.

Mais pour le moment, la prolifération de cette espèce invasive est impressionnante. On a trouvé 2 nids dans les Yvelines en 2014, 50 en 2015, 250 en 2016. et 1000 nids sont attendus en 2017...

Voir fiche du MNHN  http://frelonasiatique.mnhn.fr/wp-content/uploads/sites/10/2015/06/Fiches_Identification_Vespa_velutina_MNHN.pdf

 

Protéger les abeilles

Pour revenir aux abeilles, domestiquées depuis longtemps, les divers moyens utilisés à en augmenter artificiellement le nombre, les fragilisent aussi face aux changements d’environnement. Au global, si l’espèce est menacée, n’oublions pas que c’est avant tout par les pesticides, notamment les fameux néonicotinoïdes. Les apiculteurs le savent bien.

Mais l’impact de Velutina n’est pas négligeable, là où il sévit, même si les scientifiques ne sont pas 100% en phase avec les apiculteurs. Velutina est donc emblématique du casse-tête que représentent ces espèces invasives, animales ou végétales, désormais reconnues comme une des premières causes de la chute de notre biodiversité (derrière les pesticides et les destructions de milieux).

Pour Velutina, maintenant que l’invasion est largement consolidée, il est clair qu’il va s’implanter durablement. On peut réduire ponctuellement son impact, par des mesures de protection à proximité immédiate des ruches… en attendant que nos abeilles apprennent à se défendre toutes seules !

Ce qu’il faut, c’est agir vite et fort au départ, car le frelon asiatique une fois installé, on ne peut plus faire grand-chose.

 

A la fin de l'automne, les femelles fécondées entrent en hibernation, les mâles et les ouvrières meurent. Début mars, les femelles fondatrices (reines) qui ont survécu sortent et construisent un petit nid pour commencer à pondre, elles recherchent du sucre et des protéines pour nourrir leurs larves. Au début, elles nourrissent seules leurs larves jusqu’à ce que les premières ouvrières naissent et la remplacent à la quête de la nourriture. Dès lors, la reine ne sort plus et se consacre à la ponte.  Capturer les reines fondatrices au printemps est un des moyens privilégiés pour lutter contre la prolifération des frelons asiatiques.

Quand les ouvrières se sont développées, début mai, elles commencent la construction d'un énorme nid, souvent très haut dans les arbres. Un buisson, un bâtiment peuvent aussi être choisis. À partir d’août et septembre, elles peuvent pondre jusqu’à 150 œufs par jour dont des sexués, mâles et femelles. Un nid produira au moins 500 futures fondatrices et autant de mâles.

 

Le piégeage des frelons en mars/avril : priorité à la sélectivité.

La période propice à la pose des pièges se situe en mars et avril, lorsque les femelles fondatrices recherchent du sucre pour nourrir les leurs larves.

L’objectif est de remplacer les pièges non sélectifs utilisés (faute de temps et de moyens) par les apiculteurs ou les services de la mairie, par une série de pièges sélectifs qui respectent mieux la biodiversité. Il n’existe pas de pièges sélectifs améliorés dans le commerce.

Un piège à proximité immédiate d’un rucher pourra capturer jusqu’à 7 fois plus de frelons asiatiques qu’un piège situé à seulement 70m de là…

Les particuliers sont invités à prolonger l’opération en installant les pièges chez eux, pour tenter d’éliminer encore plus de femelles fondatrices, à condition qu’ils s’engagent à une surveillance constante du piège jusqu’à la fin de l’opération et à un signalement des captures.

Seul le bilan de cette première opération (nombre de femelles fondatrices capturées, contre nombre de nids détectés cet été et de ruches attaquées) permettra de juger de son efficacité (ou de sa contre-performance) et de l’intérêt de la recommencer au printemps prochain.

 

Le dispositif de limitation en taille à la sortie (5 à 6 mm) retient la femelle fondatrice « vespa velutina », elle ne peut théoriquement pas ressortir, sauf à remonter la nasse, chose qui peut arriver, ou passer quand même par la sortie (mal calibrée par exemple…).

Un autre dispositif de limitation en taille à l’entrée (9 mm) permet d’éviter à d’autres insectes plus gros (frelon européen, papillons…) de se faire piéger. C’est la dernière amélioration connue.

 

 

                                  

 

La nouvelle version du piège AAAFA 2015, réputé 100% sélectif !

 

Le rond de mousse au fond de la bouteille est à imprégner jusqu’à saturation de l’appât alimentaire classique: bière brune + vin + sirop (de grenadine par exemple) ou jus de cirier. Ne pas utiliser de miel qui attire les abeilles. Ce rond de mousse permet un réchauffement plus rapide de l’appât dès l’apparition d’un rayon de soleil, une évaporation accrue, un rayonnement plus large des arômes attractifs. Il évite la noyade aux petits insectes attirés aussi dans le piège. Ils s’y régalent et repartent tranquillement par la fenêtre sélective, se faire croquer par les oiseaux des environs.

 

Moyens d'action: le repérage des nids à partir de mai

À partir du mois de mai, il n’est plus possible de capturer des femelles fondatrices, il faut donc rechercher et faire détruire les nids, si possible avant août (période de production des nouvelles fondatrices).

Un nid de frelon asiatique ressemble à une grosse boule légèrement allongée qui peut atteindre 80cm de hauteur, avec une ouverture petite et latérale. Suspendu à une branche, dans un buisson, sous un toit....

 

 

Surtout pas d'intervention spontanée ! Un nid de frelons asiatique peut contenir 2000 individus. Il faut prévenir la mairie. La destruction du nid est affaire de spécialiste ; et doit être faite de façon optimale entre mai et juillet.

Être bien sûr qu'il s'agit de frelon asiatique et pas d'une autre espèce, voire d’une espèce protégée !

Dans tous les cas, faites des photos, géo localisez, et contactez nous.

 

Télécharger le mode de construction du piège sélectif entrée et sortie

 

Télécharger le mode d'emploi du piège

 



Les réactions

  1. Avatar
    Jean-Baptiste Guericolas

    Mesdames, Mesieurs,
    Le piégage du frelon asiatique a fait l'objet d'une vaste étude menée en 2013 en Pays-de-la-Loire par le Muséum Natioanle d'Histoire Naturelle. Les conclusions sont claires : un piège à bouteille tue 200 insectes pour un frelon asiatique. L'utilisation massive de pièges a donc un impact très négatif sur la nature et contribue à l'aggravation de la situation que nous connaissons aujourd'hui.

    L'article : (4 pages très instructives : http://frelonasiatique.mnhn.fr/wp-content/uploads/sites/10/2015/07/Rome_et_al_2013_JNGTV.pdf )

    Très cordialement
    Jean-Baptiste Guericolas

  2. Avatar
    Jean-Baptiste Guericolas

    Mesdames, Messieurs,
    Le piégage du frelon asiatique a fait l'objet d'une vaste étude menée en 2013 en Pays-de-la-Loire par le Muséum Natioanle d'Histoire Naturelle. Les conclusions sont claires : un piège à bouteille tue 200 insectes pour un frelon asiatique. L'utilisation massive de pièges a donc un impact très négatif sur la nature et contribue à l'aggravation de la situation que nous connaissons aujourd'hui.

    L'article : (4 pages très instructives : http://frelonasiatique.mnhn.fr/wp-content/uploads/sites/10/2015/07/Rome_et_al_2013_JNGTV.pdf )

    Très cordialement
    Jean-Baptiste Guericolas

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